Faire évoluer le patriarcat enfermant

Le patriarcat, une question de genre ?

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3 mars 2024

Virginie Crouzat

Tu te sens à ta place, dans ton rôle. Et pourtant, tu en as assez de tout ce qu’il y a de pesant à tenir les choses à bout de bras. Si tu traverses, de façon régulière :

  • une charge mentale très importante
  • pas mal de stress
  • beaucoup de tâches à gérer
  • de la fatigue physique et psycho-émotionnelle, malgré tous les outils déjà acquis
  • le corps qui t’intime de ralentir (douleurs, maladies, état inflammatoire… bref quelque chose qui ne va pas)

et pourtant tu as la certitude de ne pas pouvoir t’arrêter, souffler, te poser et profiter de l’instant, bref pas de ressourcement ! …alors la suite t’intéressera certainement.

Quand les charges du quotidien prennent trop de place

 

Quand on n’en peut plus du quotidien

L’année dernière, j’ai traversé une situation similaire. Je n’en pouvais plus, et même, à force, tout devenait “une tâche de plus”, un autre truc à faire, une case à cocher, même les moments où j’étais censée être dans le partage et le plaisir.

👉🏼 En discutant avec mon compagnon, j’ai réalisé que je portais énormément de choses dans mon foyer. Et que dans cet état de tension, j’avais du mal à prendre en compte les points de vue de mon entourage. Bien qu’étant une femme, j’avais endossé le rôle du patriarche, avec tous ses corollaires.

Inconsciemment bien évidemment !

 

Le fonctionnement patriarcal

Le patriarcat est le reflet d’une organisation sociétale avec un individu à la tête du groupe, et les autres qui le suivent. Cette organisation pyramidale est notre modèle depuis des milliers d’années.

C’est une organisation parfaite pour des individus qui ne savent pas encore collaborer réellement, avec un partage des tâches bien défini : une personne porte la responsabilité des décisions, elle dit ce que les autres doivent faire (et souvent comment elles doivent le faire), et les autres exécutent.

Chacun son rôle, chacun sa place, dans les programmes inconscients

Avec cette organisation, les efforts sont mis en commun, le travail comme les fruits du travail. Chacun est protégé et nourri par le groupe. Tout cela repose sur un paradigme commun, dont le patriarche est le dépositaire (le dépositaire, mais pas le décideur). Ce paradigme est incontournable, indispensable. Choisi de façon inconsciente, il se base sur la culture dominante du groupe (et parfois sur ses expériences passées). Par exemple, si dans ma famille on crie les uns sur les autres et qu’on est incapables de bienveillance, ce qui s’enregistre dans l’inconscient c’est la normalité de ce lien, on croit qu’il s’agit d’amour ❤️. Du coup, le groupe va perpétuer ce fonctionnement. Par contre, personne, ni les suiveurs, ni le dirigeant, ne peut faire ce qu’il a réellement envie de faire. Chacun est tenu par ce paradigme commun. Si le patriarche tente d’imposer un fonctionnement respectueux basé sur du renforcement positif, il sera rapidement mis à l’écart. Quelqu’un d’autre prendra sa place.

🔑 Imaginons un autre individu du groupe qui rencontrerait une personne sachant réellement aimer et respecter l’autre. Quels que soient les bienfaits de cette rencontre dans sa vie, dans son cœur, son système interne va l’encourager à fuir. Il va trouver toutes sortes de justifications (totalement décalées) à ce que son mental ne peut accepter (je fuis parce que je ne sais pas gérer le vrai amour, et si je restais, j’ai la vague impression que je cesserai d’exister, que je me dissoudrai, que je mourrai).

 

Et si c’était toi ?

Mon paradigme non-conscient, c’était qu’un patriarche était nécessaire pour que le groupe puisse avancer, pour qu’il construise. Le rôle n’était pas pris ? Toujours inconsciemment, je me suis laissée glisser dedans, j’ai pris la responsabilité de ‘tenir’ le groupe. Ce n’était pas mon souhait ou mon aspiration, je répondais simplement aux diktats intérieurs (le miens et ceux du groupe).

Et c’est là que j’ai vu que le patriarcat :

  • est un système pyramidal qui ne se pose pas de questions de sexe ou de genre
  • n’est pas lié à une manière d’être avec les autres (on peut être gentil.le, doux.ce, mais tout de même « porter la culotte »)
  • empêche d’entendre le point de vue des autres (ils peuvent s’exprimer, bien sûr, mais le paradigme ne peut pas être changé et la responsabilité ne peut pas réellement être partagée)
  • génère une charge mentale forte qui demande beaucoup de notre énergie de vie
  • entrave la liberté de tous les individus qui le composent, quelle que soit leur ‘place’
Le patriarcat, système enfermant quel que soit le genre

🌈 Il a fallu mettre tout cela en conscience pour pouvoir le lâcher, et passer au mode de fonctionnement auquel nous aspirions tout consciemment : la collaboration, avec un fonctionnement de type ‘réseau’ dans lequel chacun prend le lead à un moment ou à un autre en fonction de ses envies, ses compétences ou sa disponibilité.
Dans ce cas-là, la direction du groupe (famille, couple, entreprise…) est protéiforme, elle change de visage en fonction des besoins, des moments. Encore mieux, le paradigme commun peut évoluer de façon bien plus souple.

 

Alors si tu sens une charge mentale importante, pose-toi la question :

▶️ Serais-je en train de porter inconsciemment ce système (familial, associatif, amical, professionnel…) ?

Et si tu sens une difficulté à t’extraire d’un fonctionnement de groupe qui ne te correspond pas, demandez-toi :

▶️ Ferais-je partie d’un système pyramidal/patriarcal dont je valide inconsciemment la justesse ?

Si la réponse à l’une de ces questions est positive, je t’invite à une profonde introspection pour comprendre pourquoi ton inconscient continue à valider ce fonctionnement obsolète qui porte atteinte à ta liberté d’être.

Soyez vous-même, entrez dans une réelle collaboration avec votre entourage. Aimez et honorez (vous-même et les autres) hors des carcans de l’ancien système, à la pleine mesure de votre Être.

Joyeuses explorations et libérations !

Tout ensemble, le réseau contre le patriarcat