Nos expériences négatives : oser changer de regard

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28 septembre 2019

Virginie Crouzat

« Et ça y est, encore une fois je me retrouve dans la même situation, coincé avec un conjoint / un collègue / un responsable / la banque, qui me met dans une position intenable. » Combien de fois avons-nous ressenti cette même injustice, ce même désarroi face à des personnes qui nous donnent à vivre des expériences que nous n’avons pas demandé et desquelles nous nous sentons prisonniers?

 

Comprenons déjà que chaque expérience qui se présente à nous est demandée, appelée par nous, parce que c’est la meilleure possible. Une part plus élevée de nous, qui n’est pas de l’ordre du conscient, génère les événements afin de nous permettre d’expérimenter et de grandir en conscience. Le but étant de répondre aux aspirations élevées de l’être, la polarité de l’événement n’a aucune importance pour l’âme. Ce qui compte, c’est son efficacité.

Là, notre boulot n’est pas tant de dépasser mais d’accepter ce qui se passe. Pas avec la tête, mais avec le ventre. Cette acceptation est à ressentir dans nos profondeur, dans notre chair. C’est une épreuve de foi, en Soi et en la Vie.

 

Accepter est l’unique façon de sortir de nos schémas de fonctionnement, de remettre du libre-arbitre parce que justement la conscience est élargie.

Le mouvement qui s’ensuit est la conséquence de notre acceptation.

Il ne s’agit pas d’accepter pour faire bouger (acceptation conditionnelle : « je suis d’accord pour accepter à condition que l’expérience change tout de suite… » hou la triche 😉 mais bien d’accepter parce que c’est exactement l’expérience que nous avons besoin de vivre. Accepter ne veut pas dire être passif, mais plutôt sortir du mode réactionnel, réactif, pour devenir acteur.

 

Un exemple étant souvent plus parlant qu’un discours théorisant, intéressons-nous à une situation concrète :

 

Auguste vient me consulter parce qu’il a la sensation de tourner en rond sans parvenir à dépasser ses schémas liés à l’abondance. Il a toujours gagné autour de 800€ par mois. Après avoir travaillé sur lui et cette notion de « plafond de verre », il a obtenu un poste rémunéré plus de 1 600€ par mois, soit le double! Et pourtant…

Après 6 mois, il réalise que :

– au lieu d’être à découvert de 200€ à la fin du mois, il est désormais à moins 400€

– il a toujours la sensation d’être en survie dans son rapport à l’argent

– et pourtant il ne se sent pas du tout plus dépensier qu’avant, il a même l’impression de devoir faire plus attention

 

Son vécu est donc identique, indépendamment des circonstances objectives qui ont changé.

Cela soulève la notion de libre-arbitre : il est réel, puisqu’Auguste a pu changer ses conditions de vie. Et pourtant il n’est pas efficace pour modifier ce qui est vécu dans le ressenti et dans l’émotion.

 

Creusons un peu, pour voir ce qui se joue en arrière-plan, et aidons-le à changer de regard.

Le premier élément sur lequel nous mettons le doigt, c’est qu’il a besoin d’être « sur le fil » pour se mettre en mouvement et avancer dans sa vie. « Sur le fil », c’est quand il lui manque chaque mois un quart de son salaire.
Deuxième élément, cette situation vient valider une de ses croyances profondes : la société telle qu’elle est aujourd’hui n’est pas suffisante pour le faire vivre (ses valeurs, son fonctionnement etc sont à re-questionner). Cela se traduit par « J’ai besoin de me nourrir d’autre chose (que le salariat) pour me sentir vivant et libre ». Son vécu vient renforcer son identité, en lui prouvant que sa croyance est juste : quoi qu’il gagne, ça ne suffit pas pour vivre!
On voit ici à quel point nos croyances forgent notre réalité.
Troisième élément, le plus important : sa structure a enregistré, dans le passé, que « ce qui n’est pas mangé (=dépensé) cesse d’exister ». L’argent est considéré comme de la nourriture dans sa symbolique personnelle ; s’il ne le dépense pas, son inconscient pense qu’il va le perdre. Pour la nourriture, ça donnerait « je préfère me gaver, quitte à me sentir mal, plutôt que de perdre à tout jamais la jouissance que cet aliment aurait pu me donner ». Et donc, inconsciemment, il va faire en sorte de toujours vider son compte pour « ne rien perdre ».

Il faut l’aider à comprendre (passer de l’inconscient au conscient) puis débogguer le système.

Comprendre : il s’agit ici de comprendre ce qui se passe au niveau inconscient. Ça suffit parfois à faire bouger. Dans notre exemple, Auguste doit intégrer que la jouissance est infinie. De cette façon le système va lâcher son schéma de « tout manger ».

Débogguer : lorsque cela ne suffit pas, il faut trouver un petit exercice (léger, sans enjeu) qui va permettre au système de comprendre qu’il peut lâcher ce schéma qui est obsolète. L’idée n’est pas de lui mettre sous le nez que son schéma ne marche pas, ce qui serait violent (ça marche quand même mais ça traumatise). Ce qu’il faut proposer, c’est un exercice qui activera un nouveau schéma de fonctionnement. Dans notre exemple, je lui propose d’aller acheter de la nourriture. Il va se poser devant un truc qui lui plaît (côte de boeuf, ou salade verte, ce qui le fait saliver dans l’instant). Il imagine qu’il l’achète et le mange, s’en fait une joie. Puis, volontairement, il s’en détourne et choisit autre chose en prenant soin de se projeter aussi dans le plaisir. Son système se mettra forcément en action, parce que ce qui n’est pas mangé disparaît : il s’agit pour lui de recréer de la jouissance avec un autre objet (un autre aliment). De cette façon, sa psyché va enregistrer que s’il renonce à un plaisir dans l’instant, l’univers lui en proposera un autre. Les répercussions iront beaucoup plus loin que le simple aspect financier, englobant l’aspect pulsionnel de l’inconscient et la recherche du plaisir sous toutes ses formes.

 

Que va-t-il se passer après la mise en place du nouveau schéma?

il va désormais expérimenter le libre-arbitre : il retrouvera la possibilité de choisir la façon dont il dépense son argent. Il aura une vision claire de ce qui se joue et sentira lorsque les anciens schémas seront actifs (sensation de décalage, d’envie pulsionnelle mais pas nourrissante). Lorsque cela nous arrive, c’est signe que notre structure a bougé
la vie lui apportera d’autres expériences en lien avec l’argent et l’abondance, qui viendront valider sa nouvelle structure !

 

Il suffit de regarder la réalité de notre vécu pour connaître le contenu de notre inconscient, et donc pointer les divergences entre nos souhaits conscients et nos schémas inconscients.

On observe là l’intelligence du vivant, de notre part supérieure qui nous aide à grandir et nous libérer en nous envoyant des expériences de vie qui ouvriront de nouveaux potentiels d’expérimentation. Parcourir ce chemin nous aide à ancrer cette Foi, cette certitude que même si l’expérience semble inconfortable ou injuste, c’est le bon chemin. L’accepter, puis le parcourir en restant ancré en Soi, est la meilleure façon d’intégrer en profondeur les changements désirés. Accepter que nous sommes créateurs tout-puissants, que nous ne sommes jamais victimes de rien ni de personne.

Cela permet, à terme, de prendre conscience du fait que nous créons notre vie à travers des événements parfois confortables, parfois non, mais toujours bienveillants. En changeant de paradigme, nous pouvons plonger dans notre vie avec confiance et foi en Soi, pour profiter et jouir de chaque expérience.